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Ivorian Queens Series #2/Indépendance Tcha Tcha: Une féministe en treillis

Chantez avec moi!!!

Independance Cha-cha to zuwi ye !
Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi
Oh Table Ronde cha-cha ba gagner oh!
Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye!

…….

Elle devait être belle cette époque où le vent de liberté soufflait sur le continent. Après des luttes acharnées, des discussions et des négociations interminables, ils étaient enfin libérés du joug colonial, enfin c’est ce que nous dit l’histoire. Oui cette histoire que nous avons apprise à l’école, des noms des pères de la liberté que l’on prononçait fièrement. Nous leur en seront éternellement reconnaissant. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai vu qu’une page sinon même une demie page dans mon livre d’histoire qui a été consacré aux femmes dans cette lutte! On nous parlait d’une marche à Bassam dans le but de mettre la pression sur les colons qui avaient incarcéré leurs époux. Ce fut malheureusement un échec, mais ces amazones avaient marqué les esprits. 11 ans après, la Côte d’Ivoire devenait indépendante… Et ensuite? Et bien, l’histoire s’arrête là! Que sont elles devenues? Quelle poste ont-elles occupée? Qu’avons nous retenues d’elles?

Comprenez donc le désir des Ivorians Queens à travers cette deuxième série d’articles de vous raconter la vraie version de l’histoire de ces femmes et de celles qui ont suivi leurs pas. L’exercice reste le même, motivée la nouvelle génération en s’inspirant des vécus de nos prédécesseurs.

Dans mes recherches, on me parla de cette dame, pionnière qui a cassé les codes en intégrant l’armée, un milieu jusque là réservé aux hommes. Je décide donc de relever le défis: me glisser dans la peau de la première femme Général de l’Armée Ivoirienne.


Général Akissi Kouamé: le portrait!


Il y’a de cela 5 ans, précisément le 6 Août 2012, le grade de général dans l’armée ivoirienne a été attribué pour la première fois à  une femme qui a fait ses armes dans la grande muette de notre pays. Il s’agit du médecin général de brigade Kouamé Akissi. C’est un exploit car en 30 ans, le nombre de femmes militaires n’a jamais dépassé 100 et il n’y a que 26 femmes officiers.

Du haut de son mètre 60, elle se dresse fièrement aux côtés des autres généraux, des hommes, pour apporter toute sa sensibilité de femme à l’armée au moment où la Côte d’Ivoire sortait progressivement de plus d’une décennie de crise politique.

Cette ascension au sommet de la hiérarchie des forces républicaines de Côte d’Ivoire, elle le doit à  son courage et à une tête bien faite. En effet, elle est bardée de diplômes obtenus lors de sa formation universitaire comme post universitaire.

Titulaire d’un doctorat en médecine auprès de l’Université d’Abidjan, la fille d’Assakra, village situé dans la sous-préfecture de Kpêbo dans le département de Toumodi,  a brillamment obtenu un certificat d’études spécialisées (CES) en gynécologie et obstétrique et en échographie toujours à l’Université d’Abidjan puis à  Brest en France. Retrouvez son curriculum vitae détaillé ici

C’est pendant sa cinquième année de médecine qu’elle a entamé son cursus militaire le 10 Janvier 1981. Kouamé Akissi a gravi les échelons dans une armée où les femmes sont toujours sous représentées. Elle a ensuite obtenu son brevet de parachutiste auprès de la compagnie des para-commandos du 1er bataillon d’Akouédo en 1983. Après avoir fait sa formation de base, Moh Kissi présente sa thèse en médecine devenant ainsi, la première femme officier avec le grade de médecin lieutenant dans l’armée ivoirienne. Depuis, elle n’a cessé de progresser, passant du grade de capitaine à celui de commandant, de commandant au grade de lieutenant colonel et colonel à celui de colonel major pour finir par être nommée général de brigade.

Sa carrière, cependant, n’a pas été un long fleuve tranquille. Comme elle explique lors d’une interview avec un média ivoirien: «Je me suis intéressée à l’armée en raison de sa rigueur et sa discipline. C’est en lisant le quotidien Fraternité Matin en 1980 que j’ai vu que les étudiantes en médecine étaient désormais admises au sein de l’armée. Contre toute attente, mes parents m’ont dit de foncer. Je les ai écoutés. Lors du stage, nous étions cinq femmes au départ. Les hommes étaient très surpris de voir des femmes officiers dans cet univers qu’ils considéraient le leur. Nous avons fait notre service militaire à  Bouaké dans le centre du pays. Lors du premier saut en parachute, celui-ci s’est avéré anodin mais lors du deuxième saut, le doute a commencé à  gagner tout le monde. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai sauté. A la fin du saut, alors qu’on était encore dans la cocoteraie de Grand- Bassam, il y avait à  l’époque des militaires togolais parmi nous. Un sous- lieutenant togolais a avoué après cet exercice que c’est grâce à moi qu’il a pu sauter. Il a dit ceci : Je ne pouvais pas ne pas le faire. Car, si je repartais au Togo sans l’avoir accompli alors qu’une femme l’avait réussi, le Président Eyadéma allait me jeter en prison. »


Une féministe en treillis


Après avoir milité au sein de plusieurs mouvements féminins de Côte d’Ivoire, elle devient membre fondatrice du Réseau des Femmes Leaders de Côte d’Ivoire. Elle souhaite voir un plus grand nombre de femmes gravir les échelons au même titre que les hommes.

Profitant d’une décision politique du Président de la République actuel, Kouamé Akissi s’associe au programme de sensibilisation des Nations Unies pour l’intégration des jeunes filles à l’Ecole Militaire Préparatoire Technique (EMPT). Le quota par année était fixé à 20 jeunes filles. Puis lors du concours d’entrée suivant, on s’aperçoit que parmi les meilleurs résultats, on compte 37 jeunes filles. L’Etat décide donc de mettre fin au quota prévu en les intégrant toutes. Une première victoire pour notre Général.

Elle ne s’arrête pas là. Le 3 Octobre 2015, elle lance les activités de sa fondation dénommée Fondation Général Akissi. Le but premier est d’assister et aider les femmes et les enfants. La fondation a pour objectif:

  • De mettre l’accent sur la scolarisation et l’éducation de chaque enfant . On assiste donc par exemple à l’installation de bibliothèques communales.
  • D’aider les femmes et les jeunes filles à se prendre en charge ce qui garantira leur liberté et suscitera le respect des autres.

Pour le Général, on ne peut pas parler de développement d’un pays sans y associer les femmes. La constitution nous donne droit à la parité d’où le faite de donner la chance aux jeunes filles avec les moyens et soutiens nécessaires comme l‘octroi de bourse de formation professionnel à celles qui ont été déscolarisées.


Militaire et femme jusqu’au bout des ongles


C’est l’une des parties qui m’a le plus émue dans mes recherches. Le fait pour notre Général d’évoluer dans un milieu d’homme, n’a rien ôté à sa sensibilité de femme. Son rang de général ne lui est pas monté à  la tête. La première dame de l’armée ivoirienne range ses épaulettes et ses galons dans le placard dès qu’elle franchit les portes de sa maison. Elle retrouve son cocon familial. Épouse et mère de 3 enfants, elle reste la femme africaine dans toute sa splendeur. A la maison, le caractère stricte de son uniforme laisse place à une femme douce, tendre et généreuse. L’un de ses enfants l’a décrit comme une maman poule. Il explique qu’ils n’ont pas reçu une éducation à la militaire, cependant l’accent a plutôt été mis sur les principes de discipline, d’honnêteté et d’abnégation. Pour son époux qu’elle appelle affectueusement « le boss », c’est une femme très douce et très courageuse. « A la maison, c’est mon époux qui est aux commandes et je redeviens un simple soldat », confie-t-elle avec modestie. Une humilité qu’elle conserve même dans l’armée: « Je voudrais avec la grâce de Dieu faire de mon mieux pour mériter ce grade de général. Je suis déjà  encadrée par mes aînés généraux et je sais que leurs conseils me seront utiles. »


Ma Synthèse


Á  ce rang, Kouamé Akissi devient une icône, un modèle et une référence pour beaucoup d’Ivoiriennes, surtout pour les femmes qui manquent de courage et d’ambitionElle est consciente de ce qu’elle représente aux yeux des femmes de son pays. En tant que première femme Général en Côte d’Ivoire, selon ses dires, elle se doit d’être un exemple pour toutes les femmes et les jeunes de notre pays tant dans sa conduite de tous les jours que dans son travail.

Chères Femme et Jeune Femme de Côte d’Ivoire, s’il y’ a eu Akissi Général, vous pouvez l’être aussi dans votre domaine. Il y’a déjà une volonté politique, des structures comme la fondation de notre Général qui existe pour vous aider. Vous avez des modèles, des repères, des femmes avant vous qui vous ont montré le chemin. La balle est dans votre camp. Il vous suffit de vous prendre ou reprendre en main, d’être disciplinées, rigoureuses et organisées. Excellez dans votre domaine et ainsi continuer la transmission du flambeau à la génération future qui nous observe. Pensons à l’héritage que nous devons leur laisser. Ne nous endormons pas sur nos lauriers. Nos mères ne se sont pas battu en vain, elles n’ont pas marché pour notre liberté en vain. Relevons la tête et contribuons avec fierté au développement de notre chère patrie, notre trésor! A partie d’aujourd’hui devenons le Général de notre destinée!

Tenue confection avec un classique Vlisco, nom du pagne Araignée Crédit Photo: Philippe Loret Studios DA: Monsieur Kitan


 

Retrouvez tous les articles de cette série des Ivorians Queens en cliquant sur les différents liens çi dessous:

Pour plus d’interview du Général cliquez ici et ici.

 

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