IVORIAN QUEENS SERIES #4: The Argyle Phoenix

Avez-vous déjà assisté à la taille d’un diamant? L’Argyle Phoenix est le plus rare et le plus cher de tous. J’aime bien m’y comparer non pas seulement à cause de sa valeur mais aussi pour le processus de transformation qu’il subit. Pour comprendre, videz votre esprit et lisez mon histoire. Que dis-je? Vivez mon histoire…

Je m’appelle Fatou (Ninnin) Diaby, ancienne membre très très très influente de la tribu des YAPA. Je sais, moi aussi j’ai tiqué quand j’ai entendu pour la première fois, au Motivation Day 2015, cette expression. Est considéré comme un yapa, celui qui n’a jamais rien ou plutôt celui qui estime ne rien posséder. On se lamente à longueur de journée en s’apitoyant sur notre sort avec notre hymne nationale en fond sonore:

Y’a pas l’argent

Y’a pas travail

Y’a pas mari/femme

Y’a pas enfant

Y’a pas école

Etc… etc...

Pour dire vrai je ne sais même pas comment j’ai atterri dans cette tribu. Peut être à cause d’un goumin phénoménal ou à cause du regard que la société africaine a sur une jeune femme. Ça commence toujours par « tu te marie quand? Tu ne vois pas que tes copines sont toutes casées et ont des enfants? ». Je plains ces parents qui continuent à formater le cerveau de leur fille avec des insanités pareils. Vous n’imaginez même pas à quel point elles vivent mal ces sentences que vous leur infligez. On ne le dira jamais assez. Le destin d’une femme ne se limite pas au mariage et à la gestion d’un foyer.

Bref….Revenons à mon histoire…

 J’étais donc dans cette partie de ma vie où je n’allais plus à école, on va dire par  » faute de moyen? ». Je n’avais aucun revenu financier et pas vraiment d’argent de poche. Et par la volonté unique de Dieu mes fiançailles ont été rompus. Je passais mes journées à me morfondre, à me comparer aux filles de ma promotion. Bizarrement je ne les enviais pas mais pire encore, je me disais que c’était certainement de ma faute si rien n’allait bien dans ma vie. Oops ! Quand j’y repense, dit donc j’étais dure avec moi même. Je me considérais comme la fille grosse et moche qui avait 2 teints : sur le visage un masque de grossesse sans avoir été enceinte et sur le reste du corps un teint ébène normal. Non seulement je suis orpheline de mère (que je n’ai pas vraiment connue)  et j’avais perdu ma grande mère (mon homonyme). Et pour couronner le tout mon meilleur ami s’en alla à son tour . L’une des personnes qui était toujours là pour moi et qui colorait ma misérable existence. Dès lors mon univers s’assombrit d’autant plus que je m’interdisais d’extérioriser mes sentiments de peur que les gens ne comprennent ma souffrance et ma déchéance. En gros j’étais devenue l’ombre de moi même. En public je faisais mine d’aller bien et dans ma chambre je pleurais, je me mettais sur mon tapis de prière et je pleurais au lieu de prier. Puis un jour les seules amies qui savaient plus ou moins mon mal être me firent asseoir pour me faire comprendre que ça ne pouvait pas continuer ainsi. Je ne l’avais pas mentionner plus haut mais quand il s’agissait de conseiller les autres, je me transformais en psychologue assez optimiste. Je pense que c’est ce qui me faisait tenir le coup, être là pour les autres.

La prise de conscience

Mes amies, mes tailleuses de diamant qui étaient devenues mes sœurs de cœur m’ont réappris à m’aimer, à prendre soin de moi, à reprendre confiance en moi et à redevenir la jeune femme qu’elles avaient connues. Avec leur technique à elles. Elles ont été dures me disant les choses comme elles étaient. En gros elles ne m’ont pas caressée dans le sens des poils.

De mon côté, je me suis mise à prier et je remplaçais mes lamentations par des invocations. Je commençais à reprendre goût à la vie, à revoir mes priorités, à me former en ligne en attendant de pouvoir payer mes cours de master. Je n’arrêtais pas de me lancer des défis. je développais des compétences comme mon talent pour le maquillage. Je m’arrangeais à avoir toujours quelques choses à faire et éviter ainsi que mon esprit se laisse à nouveau étouffé par les idées noires. Je recommençais à écrire et à laisser mon imagination vagabonder comme lorsque j’étais enfant.

Tel un Phoenix, je renaîtrai toujours de mes cendres

Les épreuves et coups de la vie continuaient à affluer. J’entendais des paroles très dures comme la fois où on m’a interpellée en me disant que mon cas n’était pas simple car malgré toutes les prières qui n’avaient jamais échouer pour les autres, je restais toujours au chômage. Ou encore que j’étais un enfant maudit raison pour laquelle rien n’allait chez moi, qu’aucun homme ne voulait de moi dans son foyer et qu’aucune entreprise ne voulait m’embaucher!

A cela je repondais en éclatant de rire en marchant avec assurance, la tête haute. Comme on le dit chez nous ça glissait sur ma peau. Désolée, Dieu n’a pas une secrétaire particulière qui est informée sur l’avenir des gens et encore moins un ministre des affaires « divinatoires » qui publie des communiqués concernant le futur de tout un chacun . Désormais je n’avais que faire de leurs prémonitions donner par des associateurs qui idolâtrent des divinités ou encore de ces bonbons pasteurs dont ils prennent les paroles pour évangile. On a même finit par me traiter de sorcière. Comme le dit Vincent Kadio : tout ce qu’ils pensent de moi ne concerne qu’eux! De  toutes les façons j’ai toujours eu une envie secrète de jouer un jour le rôle de Karaba dans la version théâtrale de Kirikou ( 😀 😀 😀 ).

Toutes ses épreuves qui autrefois m’auraient brisée, je les utilisais désormais comme tremplins et leçons pour aller de l’avant. De plus je n’en veux même pas à mes persécuteurs. Ce sont juste des acteurs de ma vie dont le rôle est de me faire comprendre qu’elle n’est pas un long fleuve tranquille et qu’il faut apprendre à  apprécier  ce qu’on a et à  se battre pour réaliser ses rêves. Tout cela m’a aussi permise de renforcer les liens avec mes petits frères et sœurs, à comprendre que les membres de ma famille n’ont pas forcément le même sang que moi mais qui pouvait être des personnes que mon cœur a choisit de considérer comme tels. Ça peut une amie, un mentor,  un allié, etc.

On me demande souvent ce que je changerai si j’en avais la possibilité. Eh ben…RIEN ! Ni virgule ni point d’exclamation. Chaque mot prononcé,  chaque épreuve a contribué à tailler le diamant brute que j’étais pour être l’Argyle Phoenixcette pierre précieuse aux mille facettes ou nuances (compétences et aptitudes) qui font de moi la personne unique que je suis.

Crédit photo: Connexion Photography / Collier en cuir: La petite boutique / Attaché de foulard et Kita: Safiatou Altiné

Sur ce,  toi qui me lis, qui te trouve encore dans cette tribu, dépêche toi d’en sortir. Là bas dans les autres contrées, il y a tout ce que tu recherche tant. Sors de ta bulle affronter le monde,  les critiques et les épreuves. En cela réside ton vrai salut. Là bas il y a tout ce que tu recherches. Il suffira juste de savoir demander au Guide Suprême de t’orienter et de savoir analyser ses signes et ton environnement.

Je ne pourrai terminer cet article sans te remercier Milka pour cette initiative. Plus qu’une collaboration, elle est une thérapie. Merci également à Malicka , Raïssa et Safiatou d’avoir participé à cette collaboration. Je n’oublie pas notre photographe Patrick  et notre DA improvisé Gilles d’avoir pris à cœur ce projet.

With love!

XOXO

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